02.03.2008

Proposition n°2 : pour une véritable laïcité républicaine

1075670338.jpgA l'heure où le président de la République annonce lors d'un discours officiel que Dieu est dans le coeur de chaque homme, et où les communautarismes de tous poils s'immiscent de plus en plus dans la vie publique, il paraît urgent, sinon vital, de toiletter cette vieille dame qu'est la loi de 1905 sur la laïcité.

Celle-ci pose les fondements des relations entre l'Etat et les "églises", la République Française devant garantir l'égalité de tous les citoyens et leur liberté de croyance.

Mais depuis 1905, la société française a évolué, et pas qu'un peu ! Il s'agissait principalement, à l'époque, d'enlever une bonne part du pouvoir de l'Eglise catholique romaine sur l'administration de l'Etat et de la société civile. Aujourd'hui, le problème ne se pose plus du tout en ces termes.

La croyance, quelle qu'elle soit, ou la non-croyance, relevant de l'intime et du particulier, il n'apparaît pas fondamental de devoir y faire intervenir la loi de la République, sauf justement pour dire que la République n'a pas de croyance et pour rappeler que tous les individus sont égaux face à elle.

En cela, l'intimité de la croyance doit être rapprochée de l'intimité de la sexualité. Chacun est libre de sa sexualité dès lors qu'elle s'exerce dans l'intimité, entre adultes consentants, sans trouble à l'ordre public ni préjudice à un quelconque citoyen.

La loi n'a pas à dire qu'il faut être hétérosexuel, ou homosexuel, ou quoi que ce soit d'autre. Par contre, la loi condamne le viol, la discrimination sur l'orientation sexuelle, l'impudicité sur la voie publique... De la même manière, la loi n'a pas à dire qu'il faut croire en Dieu, en Allah, en Yahve, en Krishna, en Raël, en Baron Samedi ou en les petits elfes de la forêt, ni même en rien du tout, mais doit condamner sévèrement le prosélytisme sauvage, l'enrôlement forcé, les pressions psychologiques ou physiques subies par les adeptes, etc. En un mot, la religion doit rester dans la sphère de l'intime et n'a donc pas à être affichée sur le lieu de travail, sur la voie publique ou ailleurs que chez soi ou sur le lieu de culte.

De même, les pratiques religieuses devront se conformer aux lois en vigueur qui régissent tous les individus, y compris dans la sphère privée : pas question donc de sacrifier une jeune vierge sur l'autel du Prince des Ténèbres sous couvert de pratique religieuse, même si la jeune vierge en question est consentante. L'exemple est volontairement outrancier, mais du coup très explicite. On le rapprochera par exemple des attouchements sexuels sur mineurs, de l'absence de soins aux personnes malades, des différents cas de maltraitances à humains ou à animaux qu'on a pu constater dans différents mouvements.

En corrollaire, cela aura pour effet de supprimer la notion de secte, laquelle est floue, arbitraire et nécessairement inique puisque  condamnant non les actes, mais les pensées.

Est-il normal, sensé, en ce XXIe commençant, que la République Française ait un ministre des cultes, lequel ministre n'a d'ailleurs qu'une connaissance fragmentaire et superficielle des trois seuls cultes dont il a la charge ? Et pourquoi pas un ministère de l'Environnement et des Sorcières Wicca ?

Ce n'est qu'avec une République débarrassée des lobbies spirituels (les trois grandes religions du livre, mais aussi quelques autres qui commencent d'émerger) que nous pourrons aborder sereinement les véritables problèmes de notre société, tout en préservant le fondement identitaire et spirituel de chacun.

01.03.2008

Proposition n°1 : l'adoption libre

1015166093.jpgTous les couples qui s'y sont essayés vous le diront : en France, adopter un enfant relève du parcours du combattant. Et nombre de demandes restent sans réponse.

Ainsi, les "futurs parents" adoptants vont devoir se soumettre à une enquête approfondie, longue, douloureuse, inquisitoriale et d'un autre âge, laquelle, peut-être, débouchera sur une autorisation. Ou peut-être pas. Fait-on passer ce type "d'examen" aux parents biologiques ? Non. Sont-ils pour autant de mauvais parents ? Certains oui, certains non.

Puisque l'adoption pleinière assimile l'enfant adopté à un enfant biologique, ne serait-il pas logique d'assimiler les parents adoptants à des parents biologiques ? et, par là, de libérer totalement l'adoption. Statistiquement, il n'y a pas plus de chance de "tomber" sur de "mauvais" parents adoptifs que sur de "mauvais" parents biologiques.

On objectera que ce qui prévaut, c'est le bien de l'enfant. L'argument est fallacieux, puisqu'on instruit un procès à charge contre les parents potentiels avant même qu'ils aient pu faire la preuve de leurs compétences en la matière. En l'espèce, la justice est inique, malgré un arsenal judiciaire largement suffisant pour condamner les éventuels cas de maltraitance (lesquels, en toute logique, ne seront pas plus nombreux que dans le cas de parents biologiques, et sans doute même moins).

Enfin, parmi les aberrations hypocrites de notre législation, il est à noter que, en France, pour adopter en couple, il faut obligatoirement être marié. Pourtant une personne seule peut aussi adopter ! Mieux : des concubins ou pacsés ne peuvent adopter ENSEMBLE un enfant, mais l'un d'entre eux peut le faire !

Cessons de nous voiler la face : les procédures d'adoption françaises sont caricaturales et ridicules. Libérons l'adoption. Et renforçons s'il est besoin la vigilance quant aux maltraitances d'enfants (qu'ils soient biologiques ou adoptés) ainsi que les sanctions afférentes.

(photo : Chuck Walker

*** Goulafra ***